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Liste complète des installations :

Pour un paysage d'eau Bancs Publics L'arbre tombé Des gains collatéraux Au bout du tunnel / Grotesque / Documentaire La Sablière dans la mangrove L'Embarcadère Conversation, par jours de pluie Le Cratère La Fontaine La friche Carbolux Le Camp de l'Ermitage La barque Longue-vue-la-Masure 14 bancs face à face Balance La maison des aulnes

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Bruni/Babarit



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Version anglaise
Installations

LA Margirondiere :

Résidence d’artiste à l’association d'insertion Éclaircie,
Septembre 2018 - Juin 2019.

Le projet mis en œuvre dans le patio est évolutif, progressif, comme une longue performance se nourrissant des réactions et des échanges avec le peuple des élèves croisés, sollicités, ou dans le cadre de collaborations avec ceux d’Arts Plastiques. Le projet s'est alimenté de "rumeurs" qui ont circulé durant l'automne, de matériaux - des 'rebuts' - récupérés dans le lycée, ponctuant le campement, faisant naître une sensation de "naufrage", une situation d’abandon : un lieu inhabité, perçu comme inhospitalier. Celle-ci a culminé avec l'effet de la tempête qui mit à terre plusieurs tentes, les abîmant ou les emportant, poussant à recomposer quelque peu l'organisation sur le site. Avec la dernière phase, au retour des vacances d'hiver, le projet photographique latent est devenu une nouvelle préoccupation, faisant adopter une posture de voyeur ; celle-ci met en scène le site des points de vue communs aux élèves depuis leurs salles de cours, disposées autour du patio. Une petite publication prévue avec les enseignants d'Arts Plastiques devra permettre d'en restituer l'esprit, l'aventure de ce campement qui a émergé et fait lieu au cœur du Lycée.

Vendredi 14 juin, une présentation du travail de la résidence est prévue à 17h, au Lycée Notre-Dame, à Challans, 2 rue du Bois Fossé.


Repères

Situation : le site de la Margirondière sur les bords du lac du Verdon entre la Tessoualle et Maulévrier (49).

Dates : septembre 2018 - juin 2019.

Matériaux : branches et branchages de frênes et de saules communs, osier, ficelles, billots de bois, tranches de peupliers, baliveaux de frênes, ronciers, plantes transplantées, rejets d'érables, bois mort récolté, herbes fauchées.

Dimensions de l’in situ : un site triangulaire d'environ 200 m x 100 m x  200 m.

Collaborations

L'équipe : Hervé Roulier, amateur de paysage, de cinéma de plein-air, nous incite à nous poser ; Yann Lemart, grand animateur, supplée Willy et donne un coup de mains à tout le monde ; Mike Debard, maître du tressage, apporte son talent, son savoir-faire, chez les uns, chez les autres ; Rashid Diriya Muse, dans tous les coups, accompagne souvent Willy et Yann, infatigable arpenteur ; José Quintal de Nobrega, sa cabane, ses jardins sur lesquels il veille jalousement ; Willy Bluker, dit le réunionnais, faire cabane est sa devise ; Aurélien Roussière, sa table, ses assises, aime sa tranquillité ; Nicolas Bonnet, dit Nico, féru de bestioles et de botanique nous donne à voir l’invisible ; Maxime Jeannière, dit Maxou, sillonne inlassablement le site, son plaisir : nous perdre avec ses sentiers.
Avec la participation d'Emmanuel Amiot, dit Manu, un peu voyeur, aime les planques, observer ce qui se passe ; et Romain Jeanne, Guillaume Jean et Nadège Chalopin, encadrants à l'Eclaircie
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Commentaire

Ne cherchez pas la Margirondière sur un plan, ce nom, n’existe pas, ou plutôt ce lieudit n’existe plus, la ferme éponyme a été engloutie et gît au fond du ruisseau des Arcis, ce bras du lac qui s’étend sur notre droite. Et pourtant... ce nom revenait dans la bouche de ceux que j’ai côtoyés ici : des pêcheurs rencontrés aux encadrants de l’Éclaircie.
Lorsque j’ai vu le site la première fois, j’ai de suite senti son potentiel pour nous y aventurer avec des salariés. Comme écrit par la suite sur l’affiche apposée à l’entrée du site durant le chantier, non sans un brin d’humour, l’endroit est devenu une « zone d’expérimentation artistique ». Ceux qui circulaient sur le sentier de randonnée étaient avertis, ils risquaient d’y rencontrer de drôles d’individus vaquant à des occupations quelques peu énigmatiques, vêtus non de blanc mais de gilets orange.
Avec cette résidence en milieu professionnel, j’ai pu embarquer une dizaine de salariés ; ils se sont prêtés au jeu avec simplicité, m’accordant leur confiance, acceptant d’endosser un rôle décalé. Il leur a permis de prendre de la distance avec les conditions d’exercice de leur métier et les lieux ordinaires de travail.
Nous avons patiemment construit un collectif respectueux des visions de chacun, et apprivoisé un cadre tout à la fois de travail et de vie qui, au fil du temps, est devenu notre ‘habitat’, au point de pouvoir donner l’impression qu’une tribu avait élu domicile à la Margirondière.
Chacun d’entre nous a développé des relations à l’espace du site qui lui a permis de faire émerger du sens,  dans les sous-bois, aux abords d’une percée sur le lac, avec l’ouverture au ciel d’une prairie, au creux d’un roncier, à la vue d’une cépée d’érable... Ces endroits nous sont apparus singuliers, habités de végétaux proliférants et d’oiseaux bavards, nimbés de lumière ou baignant dans une ombre apaisante. La Margirondière nous a finalement transformés, apprivoisés.
Que retenir encore de cette expérience artistique ? En investissant de la sorte l’endroit, nous avons appris à le voir autrement, pas simplement en évoquant un débroussaillage ou en faisant des observations sur la hauteur des eaux, nous avons appris le temps de l’hiver, graphique, avec ses transparences lumineuses  ; vécu le printemps, exubérant, vert, dense au point de nous perdre dans des jeux de cache-cache, bricolant çà et là comme autant de prétextes à nous poser, sans autre objectif que de tisser notre relation au lieu, de lui donner des formes.

Gilles Bruni


 




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